
Resilience and Adapation Under a Changing Sky: Climate Challenges and Community Hope in Karimama
Cette histoire a été écrite par Ali, 22 ans, un éleveur Peulh originaire de Karimama, au nord du Bénin. À travers son témoignage, il partage les difficultés que sa communauté rencontre face aux sécheresses de plus en plus fréquentes et imprévisibles, ainsi que les solutions mises en place pour s’adapter et préserver leur mode de vie.
‘Résilience sous un ciel changeant : défis climatiques et espoir communautaire à Karimama’
Je suis Peulh, originaire de Karimama, au nord du Bénin. Ici, la vie s’écoule au rythme des saisons, du fleuve Niger et du bêlement des troupeaux. Depuis mon enfance, j’ai grandi entre les pâturages et les campements, suivant les pas de mes parents éleveurs. Nos vaches, nos chèvres et nos moutons ne sont pas seulement une source de nourriture ou de revenus : ils représentent notre identité, notre héritage et notre fierté.
Mais, depuis quelques années, quelque chose a changé. Le climat n’est plus celui que connaissaient nos anciens. Les saisons sont devenues imprévisibles : la pluie arrive tard, s’arrête tôt ou tombe d’un coup, provoquant des inondations qui emportent tout. Puis, presque aussitôt, la sécheresse s’installe. Le sol se craquelle, les herbes jaunissent, les mares se vident, et nos troupeaux doivent marcher de plus en plus loin pour trouver de quoi boire et se nourrir.
Je me souviens d’une année particulièrement dure : la pluie avait presque oublié notre commune. Les pâturages étaient nus avant même la fin de l’hivernage. Plusieurs familles, y compris la mienne, ont perdu une partie de leurs animaux. Certains ont dû vendre à bas prix ce qui restait pour acheter du mil et du maïs. Les enfants buvaient moins de lait, et les repas devenaient plus légers. La sécheresse n’apporte pas seulement la faim : elle apporte aussi l’incertitude, la peur du lendemain, et parfois les tensions entre éleveurs et agriculteurs.
Pourtant, au cœur de cette épreuve, nous avons compris qu’il fallait agir. Dans notre communauté, nous avons commencé à creuser des puits plus profonds, à protéger certaines zones de pâturage et à planter des arbres capables de résister à la chaleur. Nous échangeons aussi avec des agriculteurs pour partager les points d’eau et réduire les conflits. Des formations nous apprennent à mieux gérer l’eau et à adopter des pratiques plus durables.
Être Peulh à Karimama aujourd’hui, c’est apprendre à vivre avec un climat qui change vite. C’est marcher longtemps sous un soleil brûlant, mais aussi garder l’espoir que nos traditions et notre mode de vie peuvent s’adapter. Nos terres et nos troupeaux sont notre fierté, et nous voulons les préserver pour les générations futures. La sécheresse est un défi, mais notre solidarité et notre savoir-faire sont nos forces pour y faire face.
Si vous voulez en savoir plus sur le changement climatique et ses effets sur la rareté de l’eau, cliquez ici ou consultez les liens suivants spécifiquement sur la rareté de l’eau au Bénin :
This story was written by Ali, a 22 year old Peulh herder from Karimama in northern Benin. Through his testimony, he shares the challenges his community faces with increasingly frequent and unpredictable droughts, as well as the solutions they are putting in place to adapt and preserve their way of life.
‘Resilience and Adapation Under a Changing Sky: Climate Challenges and Community Hope in Karimama’
I am a Peulh, originally from Karimama, in northern Benin. Here, life flows with the rhythm of the seasons, the Niger River, and the bleating of the herds. Since childhood, I grew up among the pastures and the camps, following in the footsteps of my herder parents. Our cows, goats, and sheep are not only a source of food or income: they represent our identity, our heritage, and our pride.
But in recent years, something has changed. The climate is no longer what our elders once knew. The seasons have become unpredictable: the rain comes late, stops early, or falls all at once, causing floods that sweep everything away. Then, almost immediately, drought sets in. The ground cracks, the grass turns yellow, the ponds dry up, and our herds must walk farther and farther to find water and food.
I remember one particularly harsh year: the rain had nearly forgotten our commune. The pastures were bare even before the end of the rainy season. Several families, including mine, lost part of their animals. Some had to sell what was left at a low price to buy millet and maize. The children drank less milk, and meals grew lighter. Drought does not bring only hunger: it also brings uncertainty, the fear of tomorrow, and sometimes tensions between herders and farmers.
Yet, in the heart of this challenge, we understood that we had to act. In our community, we began digging deeper wells, protecting certain grazing areas, and planting trees capable of resisting the heat. We also exchange with farmers to share water points and reduce conflicts. Training helps teach us how to better manage water and adopt more sustainable practices.
Being Peulh in Karimama today means learning to live with a climate that changes quickly. It means walking long hours under a burning sun, but also keeping hope that our traditions and way of life can adapt. Our lands and our herds are our pride, and we want to preserve them for future generations. Drought is a challenge, but our solidarity and know-how are our strengths to face it.
If you want to learn more about climate change and its effects on water scarcity, click here, or check out the following links specifically about water scarcity in Benin: